BITCOINS, LA RUÉE VERS L’OR VIRTUEL

 

la devise de Bitcoin : in cryptography we trust
la devise de Bitcoin : in cryptography we trust

 

L’argent va-t-il disparaître ? Ou plutôt la monnaie, qui incarne physiquement la valeur marchande des objets sous forme de pièces et de billets depuis deux millénaires. Une monnaie qui vient de prendre un sacré coup de vieux avec les bitcoins, cet argent virtuel qui s’échange de pair à pair dans le cyberespace.

Les bitcoins (bit = unité informatique, coin = pièce de monnaie) révolutionnent la nature même de la monnaie, puisqu’ils fonctionnent sans référence à une autorité, État ou banque centrale. « La gestion des transactions et la création de bitcoins est prise en charge collectivement par le réseau. Bitcoin est libre et ouvert. Sa conception est publique, personne ne possède ni ne contrôle Bitcoin et tous peuvent s’y joindre » proclame le site officiel.

Cette monnaie anti Big Brother a été conçue en 2009 par un développeur non identifié utilisant le pseudonyme de Satoshi Nakamoto, et se présentant à l’époque comme étant un Japonais de 37 ans, mais qui n’a plus donné signe de vie depuis cette date.

Le protocole a été écrit en langage C++ et publié sous licence libre du MIT (Massachusetts Institute of Technology).

Autre originalité de cet argent informatique : le nombre maximum de bitcoins qui sera mis en circulation est déjà connu, et ne dépassera pas 21 millions d’unités. Autrement dit, pas d’inflation possible pour les bitcoins.

 

le nombre maximum de bitcoins est déjà connu : 21 millions
le nombre maximum de bitcoins est déjà connu : 21 millions

Combien vaut un bitcoin ?

Sa valeur est déterminée par l’usage économique qui en est fait et par le jeu de l’offre et la demande.

Depuis son apparition sur le Net, le cours de la monnaie cybernétique a connu de nombreuses fluctuations. De 4,15 € en février 2011 (plus bas) à 860 € en décembre 2013 (plus haut). Un bitcoin valait près de 500 € en février.

 

Le cours de la monnaie virtuelle est plutôt volatile
Le cours de la monnaie virtuelle est plutôt volatile

Mais la vraie question est :  à quoi sert-il ?

Premier avantage : les transactions sont anonymes et confidentielles. Le vendeur ne connaît pas l’acheteur et vice-versa. Et les bitcoins sont donc impossibles à pister ou à taxer.

Mais cet anonymat constitue aussi un des points les plus critiqués des bitcoins, accusés de favoriser les transactions d’armes et de drogues dans le « Darknet », cet Internet underground et secret incarné par Silk road, une place de marché qui utilisait exclusivement les bitcoins comme monnaie d’échanges et que le FBI a fermé en octobre dernier.

Second atout : le bitcoin est sans frais. Aucun intermédiaire type Visa, Mastercard ou Western Union ne prélève quelques pour cent au passage.

Que peut-on se payer avec ses bitcoins, après avoir ouvert un compte chez Bitcoin Central pour échanger ses euros contre leur équivalent en crypto monnaie ?

Pas de mal de choses, comme le prouve le site Que faire avec mes bitcoins ? qui recensait début février plus d’une centaine de sites acceptant la devise virtuelle. Matériel informatique, pizzas, tee-shirts, cigarettes électroniques, voyages ou sextoys, la liste est longue et variée.

 

les bitcoins commencent à être acceptés dans les commerces
les bitcoins commencent à être acceptés dans les commerces

Mais encore faut-il avoir confiance dans ce mode de paiement dématérialisé. Car la sécurité des échanges constitue la seconde critique faite aux bitcoins.

Stocké sur le disque dur d’un ordinateur ou dans le Cloud, le bitcoin n’est rien d’autre qu’un programme informatique, et donc susceptible d’être subtilisé par un hacker, de la même façon qu’un mot  de passe ou un numéro de compte bancaire.

Deuxième point à prendre en compte : les transactions sont irréversibles. Le paiement ne peut être remboursé que par la personne ou la société qui le reçoit. La notion de confiance est donc primordiale.

Enfin, comme on l’a vu, le cours du bitcoin est très volatil. Personne ne peut savoir combien il vaudra dans une semaine ou dans dix ans.

Des handicaps qui n’empêchent pas certains de s’intéresser de près à ce nouveau mode de paiement dématérialisé. Le site de jeux Zynga (Angry Birds), par exemple, étudie la possibilité d’autoriser les achats en bitcoins. Lors de la crise bancaire à Chypre en mars 2013 – les banques ont fermé pendant douze jours -, les Chypriotes se sont rués sur les bitcoins, considérés comme une valeur refuge hors de portée des autorités financières de leur pays.

Pour Philippe Herlin, docteur en économie et auteur de « la Révolution du Bitcoin et des monnaies complémentaires », cité par Challenges  « en cas de faillite du système bancaire international, il reste stable. Il est en train de devenir une valeur refuge, comme l’or. C’est de l’or virtuel. Et ce sont les plus gros acheteurs d’or qui investissent en bitcoins : la Chine et demain l’Inde ».

 

la Révolution du Bitcoin aura-t-elle lieu ?
la Révolution du Bitcoin aura-t-elle lieu ?

Nouvelle liberté pour le citoyen ou danger pour l’économie ?

Le succès du Bitcoin commence à inquiéter les institutions financières mondiales. Les banques centrales de Chine, d’Inde, de Russie, de France et de l’Union Européenne ont toutes lancé récemment des avertissements concernant la nouvelle monnaie peer to peer.

D’autres, au contraire, y voient une « liberté pour l’argent ».

C’est le cas de David Mondrus, développeur américain spécialiste du ecommerce, pour qui le Bitcoin serait « la troisième démocratisation » créée par l’Internet, après la communication de pair à pair et l’impression 3D. « L’adoption des bitcoins va réduire drastiquement le contrôle financier exercé sur notre argent. Et sans ce contrôle, personne ne peut plus le taxer. Avec Bitcoin, l’argent n’a plus de frontières. Il coule aussi facilement que l’eau, empêchant les banquiers de le surveiller, le contrôler, le taxer ou le dévaluer. Passez au Bitcoin et libérez votre argent ! » écrit-il sur le site Bitcoin Magazine.

La ruée vers l’or virtuel est lancée.

Et comme pour le métal précieux, elle risque de s’avérer aléatoire voire dangereuse. Fera-t-elle la fortune de quelques cyber-aventuriers plus audacieux ou plus chanceux ?

Réponse dans un proche futur, à moins que les autorités financières n’aient la peau de cette nouvelle monnaie sur laquelle elles n’ont pour l’instant aucun contrôle.

 

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