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DIX ALIMENTS MENACÉS D’EXTINCTION

pas de fèves, pas de chocolat ! copyright Reporters/LAIF
pas de fèves, pas de chocolat !
copyright Reporters/LAIF

Peut-on imaginer un  monde sans chocolat ? Sans saumon ? Sans bananes ? Sans pâtes alimentaires ? Sans miel ? Et même, Madre de dios, sans tequila ?

 

Difficile d’envisager une existence dépourvue de ces denrées si communes. C’est pourtant ce qui risque d’arriver à plus ou moins brève échéance. Le nom du coupable est connu, il s’appelle changement climatique.

 

Les modifications profondes engendrées par l’activité humaine perturbent le régime des vents et des précipitations, favorise la migration d’espèces nuisibles (insectes, mammifères, batraciens, poissons) vers des terres nouvelles, multiplient les épisodes de sécheresse et d’inondations. Résultat : les cultures et les animaux dont sont issus ces aliments sont menacés de disparition pure et simple.

Le danger est réel mais l’issue n’est pas inéluctable.

Si nous parvenons à faire baisser le niveau des émissions de gaz à effet de serre, à réduire l’épandage de pesticides et, plus globalement, à moins polluer l’air, la terre et les eaux, nos repas continueront d’être variés et délicieux. Sinon, ce sera régime pilules nutritives et rations sans goût comme dans les films de SF des années 70.

1 Le chocolat.

Les fèves de cacao, matière première de cette gourmandise de plus en plus appréciée, sont en danger. La hausse des températures associée à des pluies erratiques dans plusieurs pays d’Afrique (70 % de la production de fèves) a entraîné une hausse de 40 % en un an du prix du chocolat. Et il ne risque pas de baisser de sitôt : « le prix du chocolat et des confiseries à base de chocolat va inévitablement monter », prévient ainsi Sterling Smith, un spécialiste du marché du cacao cité par le Figaro. L’avenir est sombre comme une plaque de chocolat noir. Au mieux, le coût des friandises et autres pâtisseries chocolatées va bondir. Au pire, les enfants peuvent dire adieu à la chasse aux œufs de Pâques.

 

laissez le manger sa banane (tant qu'il y en a encore ...)
laissez le manger sa banane (tant qu’il y en a encore …)

2 La banane

Les républiques bananières vont-elles changer de nom ? Le fruit jaune et allongé dont elles tirent leur sobriquet est en effet menacé par le champignon Fusarium oxysporum, qui attaque les racines des bananiers. Aucun remède n’est disponible. Seule solution : replanter les arbres sur un sol vierge. La banane Gros Michel, décimée par cette maladie dite de Panama, a laissé place à la Cavendish. Mais cette remplaçante est à son tour attaquée en Asie et en Australie. Seule résiste l’Amérique du Sud, lieu de production principal des bananes. Mais certains biologistes pronostiquent une arrivée du champignon tueur sur ce continent d’ici 2015.

 

poisson courageux et vaillant, le saumon va-t-il survivre au changement climatique ?
poisson courageux et vaillant, le saumon va-t-il survivre au changement climatique ?

3 Le saumon

Les amateurs de saumon, frais ou fumé, vont devoir modifier leur menu. Poisson d’eau froide (10 à 18 °C), le saumon est menacé par la montée continue de la température des eaux. La restriction de son habitat naturel et la pollution des cours d’eau n’arrange pas les choses pour ce poisson vigoureux capable de remonter des centaines de kilomètres de rivière pour aller frayer. Bien sûr, il y a l’élevage. Mais qui a envie de manger du saumon gavé d’antibiotiques et autres molécules chimiques ?

ce ne sont que quelques pâtes, Seigneur !
ce ne sont que quelques pâtes, Seigneur !

 

4 Les pâtes alimentaires

Le Don Patillo de la pub  va devoir changer son fameux slogan (mais ce ne sont que quelques pâtes, Seigneur). En Italie, patrie des spaghettis et des macaronis, les rendements de production de blé dur devraient commencer à décliner dès 2020 selon The Australian, et la céréale pourrait carrément disparaître du pays au cours de ce siècle. Une sorte de catastrophe nationale pour l’Italie, qui sera obligée d’importer les ingrédients d’autres pays. Et donc d’augmenter la production de CO2.

 

Maya l'abeille à du plomb dans l'aile ...
Maya l’abeille à du plomb dans l’aile …

5 Le miel

On le sait, Maya l’abeille a un pris un sérieux coup dans l’aile. Ces insectes producteurs du délicieux liquide ambré – et surtout principal vecteur de la pollinisation des fleurs – tombent comme des mouches sous l’assaut des pesticides. Certains prophètes de malheur prévoient même l’extinction de l’humanité si les abeilles venaient à disparaître.

 

Thanksgiving sans sa dinde, inimaginable pour les Américains
Thanksgiving sans sa dinde, inimaginable pour les Américains

6 La dinde

Les Américains vont-ils devoir dire adieu au repas de Thanksgiving ? Cette fête d’action de grâce est célébrée le quatrième jeudi de novembre autour d’une dinde, animal découvert par les premiers Européens débarquant sur le Nouveau Monde. Endémique sur le continent nord-américain, la dinde sauvage a failli disparaître sous l’effet conjugué de l’agriculture dévoreuse de forêts et de la chasse intensive. Cette version sauvage est toujours menacée d’extinction. Bien sûr, il y a l’élevage (bis) …

 

Tabernacle ! les érables souffrent
Tabernacle ! Les érables souffrent

7 Le sirop d’érable

Des pancakes (crêpes) sans sirop d’érable ? Les Canadiens, dont la feuille rouge de cet arbre est l’emblème national, risquent de s’étouffer devant pareille perspective. Les érables souffrent des pluies acides, de l’infestation de certains insectes et de la déforestation. ‪Le professeur Luc Bouthillier de l’Université Laval de Québec ‬craint que « ‪ les pluies acides ne déciment la population d’érables à sucre du Sud-Est du Canada‬ ».

 

Plus d'agave = plus de shots ni de margarita
Plus d’agave = plus de shots ni de margarita

8 La tequila

Caramba ! La tequila, cet alcool blanc distillé à partir de l’agave, un genre de cactus, est en danger. L’agave a besoin d’eau. Or, des périodes répétées de sécheresse dans les régions mexicaines productrices d’agave ont considérablement réduit la surface cultivable. Et comme la tequila ne peut être fabriquée à partir d’une autre plante, plus d’agave, plus de shots !

 

délicieux mais menacé
délicieux mais menacé

9 Les cochonnailles

Pour les Anglais et les Irlandais, difficile d’imaginer un breakfast sans bacon. Quant aux Américains, ils en mettent à peu près partout. Dans les burgers, bien entendu, et jusque dans les glaces sundae ! (véridique). Mais il devient de plus en plus cher d’élever et nourrir des porcs, et les fermiers américains ont tendance à réduire la taille de leur cheptel. En France, la révolte gronde contre les porcheries industrielles largement responsables de la prolifération des algues vertes et de la pollution de l’eau du robinet. La disparition du porc serait un vrai tour de cochon pour tous les amateurs de jambon et autres saucisses.

 

le café arabica d'Ethiopie contient 98 % des gènes de l'arbuste
le café arabica d’Ethiopie contient 98 % des gènes de l’arbuste

10 Le café

Alerte sur le café ! Que vont devenir les conversations autour de la machine du même nom? Les bouclages de journaux à grands coups d’expresso ? Le petit noir du matin au zinc ? Car la culture du café souffre elle aussi de la déforestation – le caféier est un arbuste – et du changement climatique. Selon le magazine Time, la fin est proche pour la variété sauvage de l’Arabica. Des chercheurs ont montré que les terrains favorables à cette culture pourraient diminuer de 65 %  d’ici 2020, et même de 99,7 % d’ici 2080 ! Heureusement, 70 % de la production de café ne provient pas des arbustes qui poussent librement en Éthiopie, mais de cultures commerciales. Néanmoins, l’Arabica cultivé artificiellement perd de sa diversité génétique, et devient plus sensible aux maladies. D’où l’intérêt de protéger le café sauvage, qui ne pèse que 5 % de la production éthiopienne, mais rassemble 98 % des gênes de l’Arabica.

 

 

Les robots goûteurs pointent la langue

la langue électronique va-t-elle tuer sommelier et oenologues ?
la langue électronique va-t-elle tuer sommelier et oenologues ?

La technologie va-t-elle tuer sommeliers et œnologues ?

Depuis quelques années, les robots goûteurs se sophistiquent.

Ces langues électroniques sont désormais capables de révéler la composition, l’origine, voire l’année d’un cru de Bordeaux ou de Bourgogne.

Récemment, un de ces appareil a réussi à distinguer plusieurs variétés de bières (schwarzbier, lager, double malt, pils, alsacienne et sans alcool) avec 82 % d’efficacité.

La langue artificielle est composée de capteurs, « des électrodes ioniques qui réagissent aux divers composés chimiques – sodium, nitrates, chlorures – recherchés » d’après Manel del Valle, chimiste à l’Université autonome de Barcelone, dont l’équipe a réalisé l’expérience sur les bières.

 

ordinateur contre papilles gustatives
ordinateur contre papilles gustatives

L’université catalane n’en est pas à son coup d’essai en matière de papilles informatisées.

Dès septembre 2008, elle annonçait la mise au point d’une langue artificielle portable capable de distinguer quatre variétés de raisins : l’airèn, le malvoisie, le macabeu et le chardonnay. L’instrument avait même réussi à différencier deux années du même cépage.

La langue artificielle peut reconnaître les cinq principaux attributs du goût : sucré, salé, acide, amer et umami, qui désigne le goût du glutamate monosodique, un condiment à base de protéines animales très employé dans les cuisines asiatiques. Des sous-attributs comme l’épicé, le métallique, l’astringent ou le rafraîchissant peuvent également être mis en lumière.

Il y a cinq ans, la « e-langue » était encore un prototype.Les laboratoires en pointe – Bordeaux, Barcelone et Saint-Petersbourg – annonçaient l’arrivée de robots goûteurs à 15 000 euros vers 2010. Aujourd’hui, le test sur les bières relance l’intérêt pour les langues électroniques, mais on attend encore la commercialisation de dispositifs opérationnels.

l'Université de Catalogne donne sa langue à l'électronique
l’Université de Catalogne donne sa langue à l’électronique

Remplacer le sommelier du Ritz ou faire disparaître les œnologues ne constitue pas la préoccupation ultime des « e-tongues ». Elles peuvent en revanche servir dans la lutte contre la fraude, qui concerne 20% des revenus du commerce mondial du vin (141,3 milliards d’euros en 2010 source l’Organisation Internationale du Vin), et touche principalement les grands crus. En Chine, le taux de fraude serait même de 40 % : « il y a plus de Lafite 1982 en Chine qu’il n’en a été produit en France » explique dans Sud Ouest Romain Vandevoorde, importateur de vin à Pékin.

En matière de goût, la technologie a jusqu’à présent accusé un retard certain sur les capacités humaines.

Depuis l’Antiquité, des milliers de goûteurs au service des puissants ont testé aliments et boissons susceptibles d’être empoisonnés. Moins dangereux et plus proche de nous, le métier de sommelier est né au dix-neuvième siècle. L’œnologie, la science du vin, date, elle, des années 50.

le futur des goûteurs humains ?
le futur des goûteurs humains ?

 

Mais ces spécialistes restent humains. En enchaînant les dégustations, les papilles gustatives fatiguent et se chargent des constituants contenus dans le vin. C’est pourquoi les testeurs mangent du pain, dans lequel fibres et protéines fixent les tanins, ou du saucisson, dont les matières grasses retiennent certains constituants. Débarrassées de ces faiblesses humaines, les langues électroniques seraient plus fiables.

La France, patrie du vin et de la gastronomie, est un marché naturel pour ce type de dispositifs. Le leader mondial des langues et nez électroniques est d’ailleurs toulousain. Alpha MOS est née en 1993 et commercialise des instruments d’analyse sensorielle (odorat, goût, vision). Côtée à la Bourse de Paris, elle est présente dans 20 pays et revendique 70 % du marché des nez électroniques et 85 % de celui des langues artificielles.

Pourtant, malgré 1800 instruments vendus et des clients comme Seb ou Fleury-Michon, la PME toulousaine connaît des moments difficiles avec un redressement judiciaire en cours. Mais le quotidien la Dépêche  annonçait le 8 février dernier que France Brevets, un fonds d’investissement public, allait venir au secours de ce fleuron national de l’innovation.

 

Alpha MOS, fleuron français de la e-langue, est mal en point
Alpha MOS, fleuron français de la e-langue, est mal en point

Quant aux professionnels du test gustatif, ils ne semblent pas très effrayés par l’arrivée des robots goûteurs.

Olivier Poussier, meilleur sommelier du monde en 2000, expliquait dans la Tribune que « l’élément qui manque à ces appareils, c’est l’émotion. L’humain est irremplaçable pour raconter l’histoire d’un vin ». Pour lui, les e-langues sont tout à fait à même d’évaluer les niveaux d’acidité ou de tanins, mais sont incapables de déterminer si le produit fini est homogène. « Un ordinateur ne peut pas évaluer la notion de plaisir » selon cet expert.

Comme disait le père Gaucher (1) pour excuser son penchant pour son fameux élixir : « l’éprouvette me donne bien la force et le degré de l’alcool ; mais pour le fini, le velouté, je ne me fie guère qu’à ma langue ».

1 L’élixir du révérend père Gaucher in Lettres de mon Moulin Alphonse Daudet 1879

LES FOOD TRUCKS À FOND LA CAISSE

le Camion qui Fume, pionnier des food trucks à Paris
le Camion qui Fume, pionnier des food trucks à Paris

L’innovation n’est pas seulement affaire de technologie. Imaginer des concepts nouveaux pour des secteurs traditionnels, c’est aussi innover. La preuve dans le domaine de l’alimentaire et la restauration avec la street food.

La street food envahit la France et les food trucks sont partout.

Il n’y en avait pas moins de huit au Grand Palais le 27 janvier dernier pour la Nuit de Chine. Ces cantines sur roues sont devenues le « must have » des fêtes privées. Dans les quartiers d’affaires, des cadres pressés font la queue par tous les temps devant ces nouveaux acteurs de la restauration urbaine.

 

la Cantine California à la Défense
la Cantine California à la Défense

Le concept : se déplacer là où sont les gens, avec des recettes alternatives, de qualité, bon marché (10 € en moyenne) et servies rapidement.

Une nouvelle fast food réinventée, diverse, attentive aux produits et adaptée à une clientèle citadine.

Les food trucks revisitent les classiques que sont le hamburger américain, le fish and chips britannique ou le tacos mexicain. Récemment, d’autres gastronomies du monde se sont invitées au volant de ces camions cuisine : dim sum cantonais, empanadas argentines, bo bun vietnamiens ou mozarella italienne.

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Nathalie Nguyen, finaliste Masterchef 2011, devant le Camion Bol, food truck de spécialités vietnamiennes

Cette tendance venue des États-Unis est arrivée il y a trois ans à Paris, puis s’est répandue en province à la vitesse d’une Formule 1.

L’Amérique, pays de la mobilité, est adepte des « lunch wagons » depuis le XIX ème siècle. Les « gourmet food trucks », eux, sont en plein boom depuis cinq ans. Il y en aurait 200 rien qu’à Los Angeles.

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Los Angeles, capitale US des camions cuisine

En France, les camionnettes à pizza et les baraques à frites ont toujours fait partie du paysage. Mais elles n’ont jamais prétendu rivaliser avec les « vrais » restaurants.

Quand elle a installé son Camion qui fume dans la capitale en 2011, la californienne Kristin Frederick était bien décidée à devenir une alternative crédible à l’offre de restauration classique.

Arrivée deux ans auparavant pour étudier la gastronomie à l’école de cuisine Ferrandi, ses burgers faits maison ont rapidement séduit la clientèle parisienne. Elle possède aujourd’hui deux cantines mobiles et vient d’ouvrir un restaurant « en dur », Freddie’s Deli. Une innovation récompensée d’un Fooding d’honneur en 2013.

Depuis, les camions cuisine se multiplient comme des petits pains  et annoncent la couleur : « la street food est une vraie alternative à la malbouffe, un puissant moteur d’intégration dans la société. La street food, c’est l’avenir ! ». Dixit Thierry Marx, chef étoilé et star des émissions de cuisine, sur le site http://www.streetfoodenmouvement.fr.

 

Thierry Marx aime la street food
Thierry Marx aime la street food

Légumes bio et poulet fermier, plats élaborés dans un décor original, et surtout petits prix, ce sont les ingrédients d’un succès qui doit aussi beaucoup aux réseaux sociaux.

C’est en effet sur Facebook et Twitter que les amateurs s’informent de la location de leur food truck favori.

Pour savoir où se trouvent les camions, il existe aussi des sites comme www.esayfoodtrucks.com, http://www.monitinerant.com ou http://www.butwhereisthetruck.com

À Paris et en proche banlieue, ils seraient dorénavant une cinquantaine, et la Province succombe à son tour.

Une prolifération qui ne ralentit pas malgré l’opposition des restaurants, bistrots et sandwicheries qui hurlent à la concurrence déloyale. Sans parler de la mauvaise volonté des municipalités qui rechignent à accorder des autorisations de stationnement à ces véhicules. A Toulouse, un gérant de McDonald’s a persuadé la mairie de ne pas renouveler l’emplacement d’un food truck garé en face de son restaurant.

La street food est-elle là pour durer ?

Aux États-Unis, le phénomène food trucks est né avec la crise des subprimes, quand des chefs américains ruinés ou licenciés se sont réfugiés dans leur camion pour continuer à cuisiner.

Chez nous, de jeunes entrepreneurs gastronomes profitent à leur tour de cette opportunité au coût modeste : une mise de départ de 30 000 euros suffit pour faire démarrer son camion cantine. À comparer avec les 300 000 euros nécessaires pour ouvrir un restaurant à Paris.  Tendances, mobiles, bon marché et créateurs d’emplois : les food trucks sont aussi une innovation en termes économiques.

infographie food trucks (in english)
infographie sur le marché des food trucks aux USA (in english)

 

On devrait donc entendre de plus en plus d’adeptes de ces restaurants ambulants reprendre la devise de la Cook Mobile de Toulouse : « in food we truck » !

15 FOOD TRUCKS À SUIVRE

(sélection non exhaustive)

PARIS ET BANLIEUE

2F1C (deux filles et un camion)

Les deux filles ont suivi les cours de l’école Ferrandi et proposent des plats traditionnels et world cuisine, à base de produits bio ou labellisés. Leur slogan : une restauration créative et ambulatoire. Formules à 10 et 12 €

Clasico Argentino

Les empanadas sont des chaussons fourrés à la viande, poisson, fromage ou légumes. Enrique Zanoni et Gaston Stivelmaher possèdent quatre restaurants argentins à Paris. El Carrito (le chariot), leur food truck à trois roues, propose un menu à 12,50 €.

Le Camion Bol

Bo bun, nems, wok de poulet, banh mi ou la riche et goûteuse cuisine vietnamienne de Nathalie Nguyen (finaliste 2011 de Masterchef) et son équipe. Bo bun 8 €, plat complet 12 €

Le Camion qui fume

C’est le pionnier des food trucks. Burgers maison en sept déclinaisons, 10 € la formule, et souvent beaucoup d’attente. La rançon du succès.

Le Canard Huppé

Duck balls, hot duck mais aussi parmentier de canard et tranches de foie gras : ça sent bon le Sud Ouest, région d’origine de Bruno Viala, créateur de ce truck entièrement dédié au canard. Formules de 8 à 13,50 €.

La Cantine California

Burgers et tacos « à base de produits français certifiés biologiques » selon le patron Jordan Feilders, Américain marié à une Française. Formules autour de 10 €

Mozza & Co

La gastronomie italienne vient à nous avec ce camion spécialisé dans la mozzarella, associée à d’autres produits transalpins : foccacias, lasagnes et tiramisu. Plat chaud à 7,5 €, foccacias 7 €.

Mum dim sum

Les dim sum (bouchées vapeur) sont une institution en Chine. Le camion, version mobile du restaurant éponyme du XVII e arrondissement, propose des menus à partir de 11,50 €

Le Réfectoire

Hamburgers à la française et frites maison. « Tous les produits sont achetés le matin même via nos producteurs présents sur nos différents marchés » explique le jeune chef Valentin Davase. Formules burger à 10 €

PROVINCE

Aix-en-Provence

La Carriole

Gastronomie nomade : c’est le concept du créateur de la Carriole (encore un ex Ferrandi), belle caravane airstream en aluminium qui propose plats élaborés et produits locaux. Formule à 10 €

Bordeaux

El Taco Del Diablo

Comme son nom l’indique, food truck de tacos, burritos, guacamole, bref toute la cuisine mexicaine sur roues. Tacos à 6 €

Lille

Chicken Gourmet

Burgers, poulets rôtis et frites, incontournables dans le Nord. Poulets 100 % français « élevés deux fois plus longtemps et avec deux fois plus d’espace que les volailles traditionnelles » pour ce « real truck » importé des USA. Menus de 10 à 15 €

Lyon

The Rolling Cantine

Burgers maison créatifs aux noms très rock and roll (Angie, Brown Sugar). Formule 10 €

Orange

Sushiju

Un des rares (le seul ?) camion à sushis, Sushiju a été créé par Julien Moinet, qui a suivi les cours d’une école de sushis renommée.

Box de quatre sushis 6 €, six makis 6 €

Toulouse

La Cook Mobile

Burgers, salades et soupes à base de produits frais et locaux. De 8 € (burger) à 12,50 € (formule complète).

LA GASTRONOMIE EN MODE 2.0

en matière de bouffe, le numérique c'est bien, le réel c'est mieux
en matière de bouffe, le numérique c’est bien, le réel c’est mieux
copyright S.Giraud

La « bouffe » est  le troisième sujet de conversation sur le Web social, et 7 des 10 marques françaises qui comptent le plus de fans sont alimentaires.

C’est donc logiquement qu’Internet et les jeunes générations s’approprient aujourd’hui cette part festive de notre identité.

Lors de la conférence « Food is social » organisée le 21 novembre 2013 par l’agence de RP Kingcom, blogueurs, entrepreneurs 2.0 et marques ont montré comment l’innovation digitale peut se mettre au service de la tradition culinaire.

L’atout numéro un du numérique, c’est cette capacité à mettre en relation des univers apparemment éloignés : le terroir et les geeks, le goût et le virtuel, la proximité et le monde.

Les Facebook, Twitter, Pinterest, Instagram, YouTube ou Vine sont les nouveaux espaces virtuels où s’échanger les bons plans : recettes, restos, cavistes, cours de cuisine, etc.

Blogueuses et vigneronnes

 

les wine blogueuses
les wine blogueuses : Mélanie Tarlant et Miss Vicky Wine copyright S.Giraud

Anne-Victoire Monrozier, alias Miss Vicky Wine, est le fruit des amours de la vigne et du Net.

La jeune femme est blogueuse, fille de vigneron, et produit sa propre cuvée les Vins de Vicky, soit 10 000 bouteilles vendues en France et à l’étranger. Une performance impossible à réaliser sans les réseaux sociaux : « le bénéfice du Web social sur les ventes est bien réel » affirme la Miss.

Le Web 2.0 permet aussi de nouer des deals improbables. Mélanie Tarlant, elle aussi jeune, blogueuse et vigneronne, a trouvé un importateur brésilien pour son champagne sur Instagram.

Pour les petites structures, les réseaux sociaux sont un outil d’expansion efficace et peu coûteux.

Et pour les marques ayant pignon sur rue ?

Méfiantes, elles observent le monde du Net social avec circonspection, effrayées par la liberté de ton et de critique de cette agora numérique.

Pourtant, qu’elles soient digital natives, comme la FabriqueCookies, ou ancestrales, à l’instar de la Comtesse du Barry, les entreprises  alimentaires ont tout intérêt à embrasser la révolution digitale.

La Fabrique Cookies possède deux boutiques à Paris et un site Web. Mais le média qui l’a fait décoller s’appelle Facebook. «  C’est une vitrine, plus importante pour nous que le site Internet. Tous les jours, dans nos boutiques, des clients nous parlent des réseaux sociaux » évoque Pierre Bettencourt, cofondateur.

La Comtesse se fait une place sur le Net

maisons anciennes et jeunes fabriques
maisons anciennes et jeunes fabriques
copyright S.Giraud

Née en 1908, la Comtesse du Barry est, elle, une vieille dame de la gastronomie qui n’a pas peur de la nouveauté.

Adepte du multicanal (60 boutiques, un catalogue VPC et un site marchand depuis 1997), la spécialiste du foie gras a récemment refait son site Web et vient d’embaucher un jeune directeur général de 34 ans, Jérôme Fourest, ex HEC passé par l’Atelier des Chefs. Une stratégie de la vénérable maison destinée à « dépoussiérer une marque un peu endormie » selon Mélodie Cazenave, chef de projet e-commerce.

Mais ce mariage du numérique et de l’artisanat ne s’est pas fait sans heurts. Le passage à la vente on line a été mal vécu par le réseau de boutiques craignant une cannibalisation des ventes au profit du Web. L’arrivée sur les réseaux sociaux a elle aussi engendré des résistances en interne.

« Certains m’ont dit : ouvrir une page Facebook ? Tu es folle ! Les associations anti-gavage vont savoir que nous vendons du foie gras » raconte Mélodie Cazeneuve, qui plaide pour la transparence : « nous n’avons rien à cacher. De plus, nous avons rarement besoin de répondre aux attaques, notre communauté le fait pour nous. C’est inespéré ».

Certaines marques patrimoniales, comme Nutella (groupe Ferrero) ou Seb commencent à s’intéresser à cet univers multiforme du Net social.

Entrer dans la conversation

Guillaume du Gardier, Mr Nutella (à gauche)
Guillaume du Gardier, Mr Nutella (à gauche)
copyright S.Giraud

Nutella vient de lancer un site de contenus, Le bon côté de la tartine, qui vise les mamans.

« C’est bien plus intéressant qu’un site classique www.nutella.fr. Aucun article ne parlera de la marque. Le site va nous permettre d’apporter notre voix à cette conversation qui a commencé sans nous sur les réseaux sociaux » explique Guillaume du Gardier, digital media manager chez Ferrero.

Une allusion aux nombreuses vidéos postées sur YouTube du genre « si vous aimez le Nutella, ne regardez pas cette vidéo », qui critiquent la présence d’huile de palme dans la célèbre pâte à tartiner chocolatée.

En réponse, le groupe italien a lancé sa propre chaîne YouTube avec de petits films pédagogiques d’1 minute 30.

Sur sa page Facebook, Nutella  a mis en place un système de personnalisation des étiquettes des pots, inspiré de Coca Cola, qui cartonne : 100 000 étiquettes arborant le nom ou le prénom des internautes ont été éditées entre juin et août dernier selon Guillaume du Gardier. Un chiffre impressionnant à mettre en rapport avec les 18 millions de fans Facebook de la marque dans le monde.

Autre initiative communautaire du fabricant : inviter les consommateurs à faire partie du casting de la nouvelle publicité maison. Pour le responsable des médias digitaux, « la télévision reste le media principal, celui qui fait vendre. Mais les réseaux sociaux ont un vrai impact sur l’image de la marque ».

Pour Seb, groupe phare du petit électroménager, les réseaux sociaux représentent un canal innovant pour ses lancements de produits.

Le nouveau robot cuiseur Cuisson Compagnon a été testé par des blogueurs et des consommateurs avant sa mise en vente. Une Compagnon Academy va naître pour les transformer en ambassadeurs de la marque. Seb a réuni ces aficionados le 29 novembre, au magasin Darty des Ternes dans le 17 ème arrondissement à Paris. Un événement IRL (in real life) pour partager les plats préparés avec le nouveau Compagnon des cuisiniers.

Le mariage de la gastronomie et des réseaux sociaux aura donc lieu en France, le pays où la vie est bonne chère.