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forum netexplo 2014 : deux jours pour décrypter la révolution numérique

les dix lauréats Netexplo 2014 copyright LDherines
les dix lauréats Netexplo 2014
copyright LDherines

La septième édition du Forum Netexplo s’est déroulée les 26 et 28 mars au Palais de l’Unesco. Près de 1500 décideurs sont venus découvrir les innovations numériques qui vont bouleverser nos vies. Entrepreneurs, experts, journalistes et universitaires se sont succédé pour décrypter les nouveaux usages engendrés par la révolution digitale.

JOUR 1 : UNE VIGIE SUR L’OCÉAN NUMÉRIQUE

 « Les ambitions de ce forum unique au monde qu’est Netexplo font écho à celles de l’Unesco. C’est grâce à la technologie que l’être humain décuple ses forces. Mais ce n’est pas la technologie qui peut changer le monde, c’est l’usage qu’on en fait » a rappelé Getachew Engida, directeur général adjoint de l’Unesco en ouvrant la septième édition du Forum.

Thierry Happe, cofondateur de Netexplo, a évoqué le rôle du Forum et de son Observatoire : détecter les innovations numériques dans le monde entier et les mettre en perspective. Une mission remplie dès la première édition en 2008, avec la présence au sein des lauréats de Twitter, Psiphon (réseau d’alerte sur mobiles) ou encore l’impression 3D.

Une projection de la première page Web datant du 19/03/1989 a permis de rendre hommage à la création du World Wide Web par Tim Berners-Lee il y a tout juste 25 ans. Depuis cette date historique, « notre société est devenue totalement digitale » a rappelé Thierry Happe.

C’est pourquoi, selon le cofondateur de Netexplo, le déluge de données que nous produisons, le fameux Big Data, n’est pas près de se tarir : 2,7 milliards de personnes, soit 40 % de la population mondiale, sont reliées au réseau et 6,8 milliards possèdent un téléphone mobile.

 

Thierry Happe cofondateur de Netexplo copyright LDherines
Thierry Happe cofondateur de Netexplo
copyright LDherines

Et ça n’est pas fini : deux géants du Net, Facebook et Google, travaillent actuellement sur des dispositifs capables de connecter l’ensemble de la planète. Un réseau de drones pour le réseau social, des ballons stratosphériques pour le moteur de recherches ».

Une fois branchés sur le réseau, les 7 milliards d’humains viendront alimenter en datas les énormes « fermes » de serveurs qui sont déjà responsables de 2 à 3 % des émissions de CO2, soit l’équivalent du transport aérien. Un sujet de réflexion pour les multinationales du Web qui vont devoir concilier expansion numérique et développement durable.

Des solutions seront peut-être trouvées par certains des 6 millions d’étudiants qui suivent des MOOC, ces cours dispensés en ligne popularisés par Salman Khan, qui vont révolutionner les méthodes d’éducation.

Déjà, les digital natives apprennent de moins en moins dans les livres : l’image est en train de devenir la nouvelle grammaire de l’ère numérique. « Le selfie, cette photo de soi qu’on poste sur les réseaux sociaux, a d’ailleurs été élu mot de l’année par l’Oxford Dictionary » a relevé Thierry Happe.

MY LIFE WITH DATA

 

l'appli Wibbitz (Grand Prix 2014) transforme du texte en vidéo
l’appli Wibbitz (Grand Prix 2014) transforme du texte en vidéo

Après ce rappel de la nature de Netexplo et de sa mission, Thierry Happe a laissé place à Julien Levy, professeur à HEC Paris, un des partenaires du Forum, pour un moment clé de cette première journée : la présentation de l’étude Netexplo Trend Reports, intitulée cette année My life with data.

Depuis sept ans, l’équipe du sociologue Bernard Cathelat identifie les tendances émergentes issues de l’usage des nouveaux outils digitaux et les rassemble dans cette étude Trend Reports.

Trois grands thèmes ont été identifiés.

Le premier est la modélisation de l’espace (modeling space) avec la data transformation : saisir, diffuser, visualiser, et  le data space : capter et produire des objets physiques, grâce en particulier à l’impression 3D.

Le deuxième thème est celui de la modélisation du corps (modeling the body) qui devient un « corps machine » bionique, capable de « surveiller et punir » comme le prédisait Michel Foucault.

Le troisième thème, c’est la modélisation des comportements (modeling behaviors), ou le numérique au service de la santé physique et mentale. Mais également la faculté de prédire les façons d’agir futures, que Julien Levy nomme le « predictive you ».

 

SkinPrint ou la peau humain imprimée en 3D
SkinPrint ou la peau humaine imprimée en 3D

Utiliser la technologie ne date pas d’hier, comme l’a rappelé Julien Levy en invoquant Galilée qui déclarait que « l’univers est un livre écrit dans la langue mathématique ». Un langage qui a permis la révolution digitale que nous connaissons et ce phénomène massif de production de données « sur tout, partout, tout le temps et par tous les moyens » dixit Julien Levy.

La société numérique abreuvée d’informations sera-t-elle celle de la transparence totale, comme en rêvait le philosophe anglais Jeremy Bentham ? Mais cette transparence comporte un risque majeur : celui de mettre en place une surveillance généralisée dans laquelle Big Brother s’appellerait NSA.

LE TRIOMPHE DE L’IMAGE

Pour Véronique Morali, présidente du Women’s Forum et de Webedia, le numérique peut redonner au Net la « dimension égalitaire et émancipatrice » de ses débuts, avec des innovations comme BRCK, ou au contraire favoriser un asservissement dû à cette hyper connexion.

D’après ce grand témoin, le monde de l’entreprise n’a pas encore fait sa révolution numérique. « La montée en puissance des réseaux sociaux d’entreprise, par exemple, est positive si elle s’accompagne de pédagogie. Mais en réalité, rien n’est plus antinomique que la culture d’entreprise et celle de l’Internet» avertit la présidente du Women’s Forum.

Une raison de plus pour les cadres dirigeants des grands groupes français d’assister au Forum Netexplo, afin de mieux comprendre comment introduire efficacement les nouveaux instruments digitaux dans les pratiques de leurs sociétés.

 

Mobile 3D scanner permet de créer un fichier 3D avec n'importe quel smartphone
Mobile 3D scanner permet de créer un fichier 3D avec n’importe quel smartphone

La remise des prix aux lauréats a permis de mettre des visages sur des inventions souvent dématérialisées.

Les dix innovateurs ont reçu une œuvre d’art unique, un robot en métal frappé du @ d’Internet de l’artiste français Hervé Di Rosa, dont la forme et l’aspect changent chaque année. « Une oeuvre collector à laquelle les lauréats sont très attachés, puisque aucun robot Di Rosa n’est apparu sur eBay » s’est félicité Thierry Happe.

Le lauréat du Grand Prix Netexplo 2014, Wibbitz, illustre la prééminence de l’image sur le texte. Le logiciel mis au point par le duo israélien Yotam Cohen et Zohar Dahan transforme en quelques secondes un contenu écrit en une vidéo qui synthétise et illustre le texte en images et en sons. Pour Nicolas Bordas, président de TBWA Europe, «  c’est une vraie disruption, le Twitter de demain »

 LES DIGITAL YOUNG LEADERS S’EXPRIMENT

L’après-midi commence par les prédictions du cabinet Deloitte en matière de technologies.

Le dynamique Duncan Stewart a démontré avec humour que certains objets nouveaux, comme les « phablets », ces smartphones géants à mi-chemin du téléphone et de la tablette, peuvent être un flop en Occident mais un énorme succès en Asie.

Duncan Stewart de Deloitte aime les présentations énergiques
Duncan Stewart de Deloitte aime les présentations énergiques

Il a aussi fait un sort à certaines idées reçues, comme la mort annoncée de la télévision. Non seulement la télévision n’est pas morte, mais d’ici 2020, 90 % du trafic Internet sera composé de flux vidéos qu’on visionnera sur des téléviseurs. Les modèles compatibles 4K, une norme de « super haute définition », seront vendus à des prix abordables dès la fin de l’année.

Autre annonce du prévisionniste en chef de Deloitte : dans dix ans, l’utilisation des réseaux sociaux sera obligatoire en entreprise. Les actuels réticents feraient bien de s’y mettre dès maintenant.

Nouveauté de cette édition 2014 de Netexplo : les « digital young leaders », ces étudiants du monde entier qui seront les Zuckerberg et Jobs de demain, se sont exprimés sur les dix innovations lauréates. Une vidéo projetée plusieurs fois durant ces deux jours et dont les propos ont été décryptés par les professeurs des universités partenaires du Forum.

 UNE PLATEFORME D’INFORMATION PANAFRICAINE

Autre moment fort de cette première journée : la présentation d’Amadou Mathar Ba, créateur d’Allafrica.com, une plateforme d’information couvrant l’ensemble du continent. Il a été distingué par le magazine Forbes comme une des dix personnalités africaines les plus influentes. Pour Thierry Happe, il est évident que « l’Afrique va jouer un rôle de plus en plus important dans le monde de l’innovation », citant le succès d’Ushahidi (lauréat en 2009), un site de crowdsourcing des conflits qui a eu un impact mondial.

Amadou Mathar ba, concepteur d'allafrica.com
Amadou Mathar ba, concepteur d’allafrica.com

Allafrica.com est né du constat qu’il n’existait aucun média panafricain. « Nous serons deux milliards d’ici 2050, et les citoyens africains ne peuvent attendre de réponse de leurs leaders qui ont complètement échoué »  a analysé Amadou Mathar. Les nouvelles générations africaines embrassent la révolution numérique, même si le continent noir ne contribue pour l’instant que pour 1,5 % aux milliards de données créées chaque année.

Pour le concepteur d’Allafrica.com, « l’obstacle majeur à la progression de l’Afrique, c’est le poids de la tradition ». Mais il reste confiant dans l’apparition prochaine d’équivalents africains de Steve Jobs ou Marck Zuckerberg. Juliana Rotich, qui dirige l’équipe d’Ushahidi et a conçu BRCK, une des dix innovations récompensée, en est un exemple.

 LE CHILI, HAVRE POUR START-UP

Après l’Afrique, c’est l’Amérique latine qui est à l’honneur à travers Start-up Chile, une initiative du gouvernement chilien pour attirer les innovateurs.

Comme l’a rappelé Francis Pisani, « le Chili est un pays très isolé, coincé entre le Pacifique et les Andes ». Comment faire venir les entrepreneurs jusqu’à ce pays lointain ? « Le gouvernement a décidé de les inviter. Car ces start-up vont créer de la valeur et des emplois » répond Nicolas Shea, responsable du projet.

 

Nicolas Shea (au milieu), porte parole de Start-up Chile
Nicolas Shea (au milieu), porte parole de Start-up Chile

La mission de cet ancien de l’université de Standford (Californie) : faire du Chili le hub de l’innovation de l’Amérique latine. Ses outils : des visas d’un an délivrés en 72 heures, 40 000 dollars de capital offerts à chaque entrepreneur sans contrepartie, si ce n’est de résider au Chili et d’aller à la rencontre des habitants. Résultats : les startupeurs étrangers restent dix mois en moyenne, sont visités par quatre personnes par an et emploient 1,2 Chilien. Mieux : 40 % de ces nouvelles entreprises restent dans le pays. Elles y ont investi plus de 50 millions de dollars et embauché mille personnes. Une politique qui porte ses fruits puisque Start-up Chile a enregistré plus de 10 000 demandes venues du monde entier.

 SILICON VALLEY : VIEUX MONDE CONTRE JEUNES POUSSES

C’est Georges Nahon, responsable de l’OrangeLab Silicon Valley, qui a été chargé de conclure une première journée riche en découvertes et en enseignements sur les changements induits par la révolution digitale. Exemple : les grands opérateurs télécoms américains sont en train de remplacer leurs infrastructures en cuivre par des émetteurs récepteurs WiFi. Et c’est Amazon, roi du e-commerce, qui a décroché le contrat pour construire le data center de la CIA aux dépens d’IBM.

 

Georges Nahon, patron de l'OrangeLabs de San Fransisco : "le vieux monde s'écroule"
Georges Nahon, patron de l’OrangeLab de San Fransisco : « le vieux monde s’écroule »

« Le capital-risque a changé, et le mobile est une hydre qui s’infiltre partout » ajoute Georges Nahon.

Les grands noms de l’informatique d’hier, les Bill Gates ou Michael Dell, sont remplacés par les Larry Page (Google), Jeff Bezos (Amazon) et Marc Zuckerberg (Facebook), dont les jeunes sociétés pèsent des milliers de milliards de dollars. « La Silicon Valley est dominée par ces géants du Net qui achètent des start-up à tout va. Les acquisitions à plus d’un milliard de dollars se multiplient. Ici, la « next big thing », c’est le « big » analyse le patron d’OrangeLab Silicon Valley.

 

Pour cet observateur situé dans ce qui demeure la principale source mondiale de l’innovation numérique, « le vieux monde s’écroule et la disruption est la nouvelle réalité ».

Avis aux patrons des grands groupes : les entreprises sont devenues des réseaux. Les stratégies des PDG vont devoir prendre en compte rapidement ce « changement tectonique », selon la formule de Georges Nahon, s’ils ne veulent pas voir leurs entreprises disparaître du paysage économique.

 JOUR 2 : VERS L’HOMME BIONIQUE

Quelle meilleure manière de débuter cette seconde journée d’échanges par une intervention de Joël de Rosnay ?

Biologiste et informaticien, il a été un pionnier de la « biotique » (terme qu’il a inventé), cette fusion du biologique et de l’informatique.

Sur la scène du Forum, il a annoncé l’arrivée imminente de la communication symbiotique.  « Nous sommes déjà des hommes et des femmes augmentés grâce à nos smartphones  » a-t-il rappelé.

 

Jöel de Rosnay annonce l'homme bionique
Jöel de Rosnay annonce l’homme bionique

Mais la véritable communication symbiotique, dont les deux piliers sont les architectures virtuelles numériques, comme le cloud computing, et les objets connectés, sera bien plus que cela.

Lentilles de réalité augmentée, patchs collés sur le larynx, interfaces sans contact : « notre corps devient un émetteur récepteur et la peau un écran tactile » explique Joël de Rosnay, pour qui la véritable révolution en marche est l’électronique moléculaire.

Déjà, les GAFAM (Google Apple Facebook Amazon Microsoft) colonisent l’ensemble des secteurs classiques de l’industrie comme l’automobile ou la domotique. « Les GAFAM deviennent des empires qui veulent conquérir les technologies NBICE (Nano Bio Info Cogno Eco) » avertit le scientifique.

Pour Joël de Rosnay, ce sont « les nouveaux barbares », des sociétés transhumanistes (mouvement prônant l’usage des sciences et des techniques afin d’améliorer les caractéristiques physiques et mentales des êtres humains) qui visent rien moins que nous rendre immortels.

 

les transhumanistes vont-ils nous transformer en cyborgs ?
les transhumanistes vont-ils nous transformer en cyborgs ?

« Nous sommes dans une phase de mutation de l’humanité »  avertit le conseiller à la présidence d’Universciences.

Seule solution si on veut éviter l’avènement d’un « Frankenmonde » où cet homme-machine aurait perdu son humanité : créer une utopie constructive dont les valeurs sont le partage, la générosité, l’empathie et l’altruisme.

 LE MUSÉE DE DEMAIN EN RÉALITÉ AUGMENTÉE

Moins anxiogène, la rencontre entre l’art et le digital est en train de donner naissance au musée de demain. Mais le musée physique n’est pas mort, loin de là, selon Sree Sreenivasan, directeur digital du Metropolitan Museum of Arts (MET) de New York.

Pour lui, le futur réside dans le story telling : « nous proposons des vidéos de deux minutes d’un conservateur parlant d’un objet » évoque Sree Sreenivasan, qui rappelle que le site Web du MET compte 140 millions de pages vues et 24 millions de visiteurs uniques par an.

 

le MET de New-York envisage d'équiper ses visiteurs de lunettes de réalité augmentée Oculus Rift copyright JasonHenryNew-York Times
le MET de New-York envisage d’équiper ses visiteurs de lunettes de réalité augmentée Oculus Rift
copyright JasonHenryNew-York Times

Les réseaux sociaux ne sont pas oubliés puisque le musée new yorkais est présent sur la quasi-totalité de ces médias sociaux. « Il faut y aller quand vous êtes prêts ainsi que votre public » conseille-t-il.

Le vénérable musée fondé en 1866 accueille avec enthousiasme les nouveaux outils numériques. Son directeur digital annonce l’arrivée prochaine des Google Glass et la possible utilisation du casque de réalité augmentée pour gamers Oculus Rift (récemment racheté par Facebook pour deux milliards de dollars). Reste qu’avec ou sans réalité augmentée, « c’est toujours magique d’être en face d’une œuvre d’art » conclut Sree Sreenivasan.

 DES LIVRES NUMÉRIQUES POUR ÉDUQUER L’AFRIQUE

Après Allafrica.com, une autre initiative venue d’Afrique va sans doute changer en profondeur le destin de toute une jeunesse. Il s’agit de QuickDo, imaginée par Dominique Buende, ingénieur informatique camerounais lauréat 2013 du prix de l’entrepreneur social de la fondation Orange.

 

Dominique Buende est venu présenter son projet de liseuses numériques QuickDo au Forum netexplo
Dominique Buende est venu présenter son projet de liseuses numériques QuickDo au Forum Netexplo

Dominique Buende est parti d’un constat : 90 % des livres vendus en Afrique francophone (34 pays) sont importés, il existe moins de trois éditeurs par pays pour moins de 1200 titres édités par an. En cause : des infrastructures défaillantes, un pouvoir d’achat limité, une prééminence de l’argent liquide. La solution QuickDo consiste en un réseau de bornes associé à des liseuses numériques. « C’est un modèle solidaire et économiquement viable » estime son concepteur.

 LA E SANTÉ EN QUESTION

Les innombrables applis dédiées à la e-santé, associées aux objets connectés du quantified self, vont-elles améliorer la qualité de nos existences ou sont-elles une source de stress supplémentaire ?

Pour répondre à cette question cruciale, Netexplo a invité le docteur Frédéric Saldmann, cardiologue et nutritionniste.

Une des évolutions qui inquiète ce spécialiste de la santé, ce sont les développements rapides des technologies d’analyse du génome humain.

 

le docteur Saldmann s'inquiète de la marchandisation du génome humain
le docteur Saldmann s’inquiète de la marchandisation du génome humain

On peut désormais décrypter le génome d’une personne en 24 heures pour mille dollars. Voire pour 100 dollars en Chine. Et le marché des tests génétiques devrait atteindre 25 milliards de dollars en 2020. « Une biobanque est-elle en train d’être constituée ? Si c’est le cas, comment s’assurer de la confidentialité des données génétiques ? » s’interroge le docteur Saldmann.

Une course au génome inquiétante, alors que la génétique n’intervient que pour 15 % dans l’évolution bonne ou mauvaise de notre santé. « Je refuse de prescrire ce type de tests qui sont anxiogènes, surtout pour la maladie d’Alzheimer » tranche le médecin.

 

Des télomères longs = bonne santé et longévité
Des télomères longs = bonne santé et longévité

La mesure des télomères, des manchons entourant l’extrémité des chromosomes, est une autre avancée de la médecine ciblée par les futures applis d’e-santé. En effet, des télomères longs sont signe de bonne santé, raccourcis, ils annoncent des maladies. « Quelqu’un d’un peu stressé va consulter compulsivement son appli et stresser encore plus » pense Frédéric Saldmann. Pour lui, plus que des applis ou des dispositifs de surveillance de son organisme,  rien ne vaut l’exercice physique et une stimulation permanente du cerveau. Ou, pour les moins énergiques, la méditation : la science a prouvé que cette discipline permet d’allonger ses télomères.

C’est Indrajit Banerjee de l’Unesco qui a conclu ces deux journées fructueuses. « L’Unesco est toujours aussi fière d’accueillir Netexplo. Ici, nous essayons de comprendre comment ces innovations contribuent à nos missions. C’est pourquoi nous espérons continuer de soutenir et héberger cet événement ».

Toute l’équipe de Netexplo a été rejointe sur scène par l’ensemble des enseignants des universités partenaires sous les applaudissements d’un public toujours nombreux ce vendredi à 18 heures. « Cette année, c’était encore mieux que l’année dernière » a estimé Martine Bidegain, cofondatrice de Netexplo.