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L’INVENTEUR DU WEB À LEWEB

Il a créé le Web. Normal qu'il soit invité à LeWeb ...
Il a créé le Web. Normal qu’il soit invité à LeWeb …

Non, le Web n’a pas toujours existé, contrairement à ce que pense la Génération Z, née après 1989.

Le World Wide Web a 25 ans. Et pour fêter ça, son concepteur, Sir Timothy Berners-Lee était l’invité de la conférence LeWeb 2014 en décembre dernier. Sans lui, ce blog n’existerait pas, ni les milliards de pages éditées depuis la naissance de ce nouveau média unique en son genre puisque le récepteur – l’internaute – est aussi émetteur : de texte, de photos, de vidéos.

Le Web, c’est l’Internet de tout le monde, la vitrine grand public d’un réseau conçu à l’origine pour des militaires (Arpanet, 1969) par la fameuse DARPA, l’Agence pour les projets de recherche avancée de défense, les Men In Black du Ministère de la Défense US.

Mais si le protocole TCP/IP (Transmission Control Protocol/Internet Protocol) a bien été inventé par les Américains , c’est en Europe, au CERN de Genève , l’Organisation européenne pour la recherche nucléaire , que le physicien et informaticien britannique (il construit son premier ordinateur à 25 ans) imagine le dispositif qui va tout changer : l’hypertexte. Ou la possibilité de bondir d’une page à l’autre en cliquant sur un simple lien.

Sir Tim, qui n’est pas encore un Lord, passe en 1994 du CERN au MIT  où il crée le W3C (World Wide Web Consortium), organe chargé de s’assurer que la Toile reste bien accessible à tous. Un principe qui commence à s’effriter sous les coups des multinationales du Web qui cherchent à imposer un Internet à deux vitesses : rapide (et plus cher)  pour eux, gratuit mais lent, pour l’internaute de base.

Sir Tim, que voyez-vous venir ?

Invité par Loïc Le Meur (qui avait 17 ans quand Sir Tim concevait le WWW), le créateur du Web tel qu’on le pratique depuis deux décennies (le réseau est vraiment devenu pratique en 1994 avec l’interface Mosaic ), l’inventeur des hyperliens a le verbe rapide, saccadé, légèrement bégayant et, pour tout dire, assez difficile à décrypter.  On dirait que trop de pensées se bousculent et veulent sortir simultanément.

Tim à l'époque de Mosaic
Tim à l’époque de Mosaic

Sur la scène de LeWeb, cet homme qui a profondément changé la société, passée du spectacle cher à Guy Debord au social comme les réseaux éponymes, ne semble pas convaincu par l’évolution de son bébé numérique . Pour lui, « les réseaux sociaux sont en silos » et « mettre une appli sur son iPad pour lire un magazine, c’est perdre tout l’intérêt du Web ».

Fichtre : Sir Tim serait-il devenu un vieux ronchon dépassé, incapable de discerner l’évolution du Web ? Le grand ancêtre de tous les geeks est-il devenu ringard ? Pas du tout. Au contraire, il rappelle des vérités qui sont trop souvent négligées sous prétexte de course à la modernité : un il faut conserver ses données dans un endroit sûr (qui n’est PAS le cloud), deux la neutralité du Réseau (Net neutrality) est indispensable. Deux injonctions empreintes de sagesse qu’il convient de ne pas négliger sous peine de désagréments sévères (n’est-ce pas Sony ?).

Ultime preuve de la vraie modernité du Lord inventeur qui, contrairement à une bonne partie des geeks mâles, n’est pas misogyne (n’est-ce pas les gamers ?), il encourage les femmes à coder car, eh oui, « elles sont très bonnes dans cet exercice ». Plus globalement, Sir Tim voudrait que tout le monde se mette à coder, et le plus tôt possible. Un moyen de redonner du pouvoir à l’internaute ballotté entre les ambitions commerciales voire transhumanistes des GAFA (Google Apple Facebook Amazon ).

Les IA arrivent

Les IA seront-elles bienveillantes ?
Les IA seront-elles bienveillantes ?

Développement attendu ou redouté de l’informatique, l’IA (Intelligence Artificielle) arrive selon Sir Tim, qui se demande si « la conscience pourrait devenir une suite de codes ». Certes, « les robots sont déjà présents dans les grandes compagnies », mais il faut « surveiller le moment où un robot aura des droits au tribunal ».  Et si on inscrivait les Trois lois de la robotique d’Isaac Asimov dans la Constitution ? Ça pourrait faire gagner du temps et nous éviter un futur à la Terminator .

Dans futur numérique  composé de minipixels, qui seront « partout : les murs deviendront des écrans. La réalité immersive arrive ».  Espérons que les émules du créateur visionnaire qu’est Sir Tim feront de notre avenir informatique un monde plus proche de celui d’Asimov que  de Schwarzenegger.